Quelle est la différence entre la mobilité et la souplesse ?

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Sou­plesse ? Mobi­li­té ? Quelle est la dif­fé­rence entre les deux ? Défi­nis­sons cela. 

Quelle différence entre la mobilité et la souplesse ?

La sou­plesse#

Il s’agit de la capa­ci­té d’une arti­cu­la­tion à aller dans une ampli­tude sans ten­sion mus­cu­laire. Son inverse est la rai­deur. Cela cor­res­pond, par exemple, à venir tou­cher ses pieds lorsqu’on est assis par terre.

(Ce qui suit est don­né à titre d’illustration, je ne géné­ra­lise pas les pra­ti­quants ni ne cri­tiques les dif­fé­rents sports) 

Les dan­seuses sont extrê­me­ment souples, elle peuvent atteindre des ampli­tudes sans ten­sion mus­cu­laire que peu de gens arri­ve­raient à faire. Inver­se­ment, les foot­bal­leurs sont connus pour être raide des ischio-jambiers. 

La mobi­li­té #

C’est la capa­ci­té d’une arti­cu­la­tion à aller dans une ampli­tude sous ten­sion mus­cu­laire. Par exemple, des­cendre le plus bas pos­sible en Back Squat tout en gar­dant une ten­sion mus­cu­laire dans ses jambes et en ayant une bonne tech­nique. Ou encore, des­cendre en Strict Bar Dips le plus bas pos­sible avec une ten­sion musculaire.

La par­ti­cu­la­ri­té de la mobi­li­té est qu’on ajoute les pro­prié­tés de nos muscles lors de l’étirement.

Sou­vent, la sou­plesse est supé­rieur à la mobi­li­té, mais il se peut que l’inverse arrive.

On peut être raide et mobile, ou souple et peu mobile. C’est à dire que nous pou­vons atteindre une cer­taine ampli­tude avec notre épaule en s’étirant pas­si­ve­ment par exemple, mais nous ne pou­vons pas atteindre la même ampli­tude avec une ten­sion mus­cu­laire (lorsqu’on sup­porte une charge ou lors d’un exercice).

Pour­quoi je pré­fère la mobi­li­té à la sou­plesse #

La mobi­li­té met­tant en jeu les muscles, cela per­met de contrô­ler son mou­ve­ment. Ain­si, la ten­sion mus­cu­laire « pro­tège » vos arti­cu­la­tions, car cela évite d’aller dans une ampli­tude que votre corps ne peut pas tolé­rer. C’est une des prin­ci­pales causes des bles­sures dans le Cross­Fit® à mon sens, et dans bien d’autres sports. Ce n’est pas pour rien que beau­coup d’équipes de sports amé­ri­caines intègrent énor­mé­ment de tra­vail de mobi­li­té. Je cite les amé­ri­cains, mais de nom­breux pro­fes­sion­nels du sport fran­çais l’intègre,nt éga­le­ment dans leur ensei­gne­ment : Auré­lien Brous­sal-Der­val, Fré­dé­rick Causse, Guillaume Guillou, … 

Pour reprendre le cas du Cross­Fit®, de nom­breux ath­lètes de haut niveau aug­mentent leurs per­for­mances en tra­vaillant leur mobilité.

A mon sens, la mobi­li­té est un pilier de la per­for­mance, bien plus que la sou­plesse. Contrô­ler son corps per­met d’aller dans des ampli­tudes de plus en plus grande sans risque, et avec une meilleure effi­ca­ci­té, ce qui engendre une meilleure pro­gres­sion. Regar­dez plu­tôt la pho­to de Kevin Mayer ci-des­sous, cham­pion du monde de décath­lon, et ayant une mobi­li­té que beau­coup envieraient. 

Ça c'est du Squat complet ! (Kevin Mayer)
Ça c'est du Squat complet ! (Kevin Mayer)

La mobi­li­té per­met aus­si de contrô­ler son mou­ve­ment, sur­tout sous charge addi­tion­nelle. Contrô­ler per­met de sol­li­ci­ter les muscles que l’on sou­haite tra­vailler, ce qui n’est pas sou­vent le cas quand on subit le mou­ve­ment et que l’on met en place des com­pen­sa­tions. Dans ce der­nier cas, on modi­fie notre posi­tion, et donc les muscles sol­li­ci­tés. Le sti­mu­lus ne se retrouve là où on le sou­haite, et donc l’ob­jec­tif n’est pas atteint. 

Com­ment tra­vailler sa mobi­li­té ?
#

Pour tra­vailler sa mobi­li­té, vous devez éti­rer le muscle en main­te­nant une ten­sion mus­cu­laire. Il faut que vous alliez cher­cher de l’amplitude en main­te­nant la base fixe. Je m’explique : par exemple, si vous tra­vaillez la mobi­li­té de hanche, il fau­dra mobi­li­ser la cuisse (le fémur) par rap­port au bas­sin. Ain­si, vous devrez gar­der le bas­sin le plus fixe et immo­bile pos­sible. Ceux qui tra­vaillent la mobi­li­té en éle­vant la hanche de 30cm en même temps qu’ils bougent leur cuisse ne mobi­lisent rien appart le dos.

Donc, pour tra­vailler la mobi­li­té, il faut 3 ingrédients :

De plus, en allant cher­cher des ampli­tudes supé­rieures sous ten­sion mus­cu­laire, vous allez recru­ter l’ensemble des fibres mus­cu­laires de vos muscles. Par exemple, les ischio-jam­biers ou les adduc­teurs ne sont pas sou­vent recru­tés dans toute leur ampli­tude, ni avec des com­po­santes de rota­tion ou d’autres posi­tions. Cela ren­force votre sché­ma moteur (conscience du corps), amé­liore votre ges­tuelle, et par­ti­cipe à de meilleures performances.

Pour­quoi la prio­ri­ser par rap­port à d’autre qua­li­té phy­sique ? #

Prio­ri­ser le tra­vail de la mobi­li­té par rap­port à celui de la sou­plesse, ou encore à d’autres carac­té­ris­tiques comme la force par exemple est une ques­tion à se poser. 

En effet, pour deve­nir meilleur en Back Squat, beau­coup adop­te­ront une sur­charge pro­gres­sive, d’autres tra­vaille­ront plein d’exer­cices dif­fé­rents. Mais à quoi cela sert-il de char­ger sur un mou­ve­ment si notre tech­nique n’est pas irréprochable ? 

Un défi­cit de mobi­li­té vous condui­ra à une tech­nique per­fec­tible, sur­tout en rajou­tant de la charge. Or, la charge addi­tion­nelle n’est là que pour aug­men­ter le sti­mu­lus, et pas le modi­fier. Donc, il vaut mieux apprendre la tech­nique, tra­vailler ses points faibles en mobi­li­té (qui conduisent le plus sou­vent à modi­fier la tech­nique), puis à rajou­ter de la com­pli­ca­tion. Cela est le plus per­ti­nent pour un objec­tif de progression. 

Conclu­sion #

La mobi­li­té cor­res­pond à un éti­re­ment sous ten­sion mus­cu­laire, volon­taire. A l’in­verse de la sou­plesse, qui est tota­le­ment pas­sive. Ain­si, tra­vailler sa mobi­li­té est plus inté­res­sant d’un point de vu du mou­ve­ment (tech­nique), de la séance (échauf­fe­ment), et de la performance. 

Points clés #