Peut-on parler de "technique unique" ?

Publié le Mis à jour le

Chaque être humain est unique, je ne vous apprends rien. Ain­si, pour­quoi constam­ment se com­pa­rer aux autres ? Peut-on par­ler de tech­nique « unique » pour un exer­cice ? C’est ce que nous allons voir. 

Peut-on parler de technique unique ?

Il n’y en a pas deux comme toi” #

Vous êtes unique. En effet, toute per­sonne n’a pas les mêmes carac­té­ris­tiques que sont voi­sins, et cela à plu­sieurs niveaux. Com­ment cela se fait-il ? 

D’abord, vous êtes unique au niveau macro­sco­pique : sexe, âge, taille, poids, etc… Ces dif­fé­rences sont visibles, ce sont les pre­mières que l’on remarque chez quelqu’un. Mais ces carac­té­ris­tiques dépendent de celles micro­sco­piques : Masse grasse, masse mus­cu­laire, force, endu­rance, coor­di­na­tion, équi­libre, sou­plesse, mobi­li­té, … Non visibles, nous oublions sou­vent que ce que nous voyons au pre­mier abord découle de nom­breuses petites choses invi­sibles. Ce n’est qu’en effec­tuant une per­for­mance que l’on peut appré­cier la force d’une per­sonne, son endu­rance, sa mobilité. 

Mais alors pour­quoi se com­pa­rer à une per­sonne que l’on n’a jamais vu bou­ger, ou vu effec­tuer une per­for­mance ? Cela est une héré­sie à mon sens, car on ne peut pas savoir ce dont la per­sonne est capable juste en obser­vant son phy­sique. C’est comme dire qu’un gâteau est super bon alors qu’on ne la pas goûté. 

De plus, nous nous com­pa­rons sou­vent aux per­sonnes que l’on admire, que l’on envie. Cela nous déçoit sou­vent puisque nous trou­vons tou­jours des qua­li­tés supé­rieures aux notre chez cette per­sonne. Or, cela est d’ap­pa­rence vrai”, mais sur­ement faux” en réa­li­té. Donc la pro­chaine fois que vous voyez une per­sonne que vous jalou­sez (posi­ti­ve­ment ou néga­ti­ve­ment) pour une ou plu­sieurs carac­té­ris­tiques visibles, deman­dez-vous ce qu’il a fait pour en arri­ver là, et ce dont il est capable. Cela ren­dra votre vision objective.

Nous rajou­te­rons que nos capa­ci­tés phy­siques dépendent éga­le­ment de notre expé­rience spor­tive, de notre géné­tique, de notre sché­ma cor­po­relle, de notre mode de vie. Encore une fois, tout le monde ne peut pas deve­nir comme Arnold Schwar­ze­neg­ger, même avec toute la volon­té du monde. La symé­trie des muscles dépend elle-même de notre géné­tique, donc même si vous avez le volume, la symé­trie mus­cu­laire sera géné­ti­que­ment pro­gram­mée, et vous ne pour­rez rien n’y faire. 

Com­pa­rons ce qui est com­pa­rable, et ana­ly­sez objec­ti­ve­ment ce qui ne l’est pas.

La tech­nique par­faite existe-t-elle ? #

Tous les para­mètres pré­cé­dents font de vous une per­sonne unique. Chaque per­sonne étant unique, pen­sez-vous qu’un tech­nique d’exercice (pre­nons le Back Squat) puisse cor­res­pondre et être géné­ra­li­sée à cha­cune d’elle ? Non ? Je suis d’accord avec vous. 

Si on reprend quelques para­mètres cités plus haut, une per­sonne d’une petite taille aura cer­tains muscles plus sol­li­ci­tés qu’une per­sonne plus grande. 

Une per­sonne mobile pour­ra effec­tuer du squat com­plet, alors qu’une per­sonne raide devra peut-être uti­li­ser une box pour ne pas des­cendre trop bas et dégra­der son mouvement.

Et c’est la même chose pour beau­coup d’autres para­mètres. Donc, pou­vons-nous dire qu’il existe qu’une seule tech­nique pour un exer­cice ? Je ne pense pas. 

En revanche, je crois en l’existence de points com­muns à chaque exer­cice. Si nous repre­nons le Back Squat, que l’on soit petit ou grand, mus­clé ou maigre, homme ou femme, il fau­dra que tous aient les pieds actifs, une acti­va­tion des jambes en tor­sion externe, un dos fixé et gai­né, etc… (Cf points évo­qués dans les exer­cices de Squat)

Ces points sont com­muns puisqu’ils ne dépendent pas ou très peu de fac­teurs externes. Ils ne sont donc pas ou peu influen­cés par les carac­té­ris­tiques indi­vi­duelles des sujets. Notez que j’écris « ou peu », car là encore il existe des excep­tions (qui confirment la règle). 

L’être humain est unique, c’est pour ça que nous devons trou­ver la tech­nique qui NOUS est appro­priée, tout en res­pec­tant des points clés qui sont, la plus part du temps, com­muns à tous pour une pra­tique en sécu­ri­té.

Le res­sen­ti aux éti­re­ments #

Enfin, je ter­mi­ne­rai avec un mot sur les étirements. 

Nous don­nons ou sui­vons des posi­tions pour les effec­tuer, mais là encore, ce n’est pas la posi­tion le plus impor­tant, mais le res­sen­ti. Il existe de nom­breux fac­teurs pou­vant faire en sorte que, pour un éti­re­ment qui semble bien réa­li­sé, la per­sonne ne sen­ti­ra pas son muscle s’étirer.

Ain­si, nous nous retrou­vons avec des ath­lètes qui semblent bien s’étirer mais ne res­sentent que peu de sen­sa­tions. En tant que pro­fes­sion­nel du sport, il faut alors deman­der, faire par­ler son ath­lète pour savoir ce qu’il res­sent, où, com­ment, à quelle inten­si­té, … Cela s’applique éga­le­ment avec les exercices. 

En tant qu’athlète, il faut se poser les mêmes ques­tions à soi-même. S’interroger sur nos sen­sa­tions, sur nos com­pen­sa­tions, etc… 

Etre à l’é­coute de ses sen­sa­tions (objec­ti­ve­ment) vous appor­te­ras bien plus que d’ap­pli­quer bête­ment une tech­nique ou un mou­ve­ment sur lequel vous n’êtes pas à l’aise. 

Points clés #